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On assassine les pédagogues...
- Par Brahim BOUMEDIEN
- Le 26/02/2013
On assassine les pédagogues…
Le 15 mars 1962, quatre jours avant le cessez-le-feu issu des accords d’Evian (18 mars 1962), 6 responsables des Centres Sociaux Educatifs sont assassinés par l’OAS. Ils remplissaient leur mission éducative : organiser l’enseignement de base en arabe et en français ainsi que la formation professionnelle des jeunes algériens. Ces 6 dirigeants, réunis au Centre Social de Château Royal, dans la commune d’El-Biar, près d’Alger, avaient pour noms : Max Marchand (ancien instituteur, inspecteur d’académie, chef de service au CSE), Mouloud Feraoun (instituteur, écrivain reconnu, directeur adjoint au chef de service des CSE), Marcel Basset (directeur d’un centre de formation), Robert Eymard (instituteur, chef du bureau pédagogique), Ali Hammoutène (inspecteur de l’éducation nationale, directeur adjoint aux CSE) et Salah Ould Aoudia (ancien instituteur et inspecteur des centres sociaux éducatifs).
L’UNSA Education rend hommage à ces militants pédagogues et syndicalistes, épris de liberté et de justice. Elle rappelle qu’à côté de l’Association « Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons », elle a permis qu’au ministère de l’éducation nationale, une salle porte les noms de ces militants.
Resté impuni, le crime d’El-Biar est l’une des pages les plus tragiques de la guerre d’Algérie.
A quelques jours du triste anniversaire du 15 mars, je soumets ce texte d’une valeur incontestable, que m’a fait parvenir notre amie Marie-Line que je remercie, aux commentaires des amis de pedagotec et à ses visiteurs.
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Les phares en Algérie, leur implantation et leur histoire
- Par Brahim BOUMEDIEN
- Le 05/01/2013
Les phares en Algérie, leur implantation et leur histoire
Toujours aussi altruiste, notre ami Lotfi nous invite, dans le cadre de sa recherche documentaire profitable, comme à l'accoutumée, à découvrir les phares d'Algérie, leur implantation et leur histoire. Nous l'en remercions infiniment.
Certains phares algériens datent de plus d'un siècle et demi - Cap Caxine, d'un monument... jaillit la lumière
Pour les non-initiés, il serait très difficile de comprendre comment les bateaux arrivent à se repérer, à l'approche de la côte, la nuit, sans se percuter ou se tromper de point d'accostage.Si aujourd’hui, dans certains pays, il y a des systèmes de guidage par satellite qui peuvent guider les bateaux au millimètre près, rien ne pourra, pour autant, remplacer les phares, qui sont les indicateurs principaux pour les commandants de bord, dès qu'ils s'approchent des côtes.
En Algérie, ils sont 25 phares, le long des 1 200 kilomètres de côte, à guider les marins. De véritables monuments historiques érigés sur le littoral algérien. Datant de près d'un siècle et demi pour certains, ils ont pu «résister» aux aléas de la nature. Le premier qui a été construit en Algérie est celui de Ténès, dans la wilaya de Chlef. Il a été inauguré en 1861. Quelques années plus tard, plusieurs autres ont été bâtis, à l'image de celui de cap Caxine, près de Baïnem, (Alger) en 1868, cap Aiguille (1865) et Falcon, près d'Oran (1868), pour ne citer que ceux-là. En somme, c'est l'ouest et le centre du pays qui ont été les premiers à être dotés de phares. Pour l'est du pays, il aura fallu attendre le début du XXe siècle pour voir des phares apparaître sur sa côte.
Ainsi, il y a eu, à titre d'exemple, le cap Ras Afia, à Jijel (1907) ou bien ceux de l'île Srigina (1906) et Bougaroun (1911), à Skikda. Le dernier en date est celui appelé cap Colombi, situé dans la localité d'El Marsa (Chlef). Il a été bâti en 1954. Si depuis aucun autre phare n'a été construit, c'est parce que ceux existants couvraient déjà tout le littoral algérien. Bien évidemment, si ces «monuments» sont toujours aussi impressionnants et toujours en état, c'est, entre autres, en raison d'un entretien périodique dont ils bénéficient de la part de ceux qui sont chargés de veiller sur eux. Actuellement, c'est l'Office algérien de la signalisation maritime (ONSM), dépendant du ministère des Travaux publics, qui prend en charge la gestion de ces phares.
Au-delà de leur importance et de leur utilité, en ce qui est de guider les bateaux la nuit, les phares algériens, comme signalé plus haut, sont de véritables monuments historiques, en raison de leur âge et de leur spécificité architecturale. Il n'y a qu'à voir le petit musée, créé depuis quelques années, au niveau du phare de cap Caxine, à Baïnem, à une dizaine de kilomètres de l'ouest d'Alger, pour s'en rendre compte. D'anciennes torches ou lampes se frottent à certains éléments mécaniques ayants composé ces phares durant leurs premières années.
Des objets d'une valeur inestimable sont exposés au niveau de ce musée d'une trentaine de mètres carrés ou un peu moins. On y trouve, entre autres,
la première lampe, d'une puissance de 6 000 watts, qui a été utilisée après l'électrification du phare durant les années soixante. Il y a également ce qui est appelé un réservoir à pétrole et à air comprimé qui a été utilisé à la fin du XIXe siècle. «Quand il a été décidé d'ouvrir ce musée, on avait récupéré différents objets laissés de côté au niveau de plusieurs phares. Des spécialistes les ont retapés avant qu'on les expose dans ce musée», nous dira Hamid Chaalal, le directeur du phare de cap Caxine.
Pour lui, l'idéal serait de bâtir ou d'aménager d'autres locaux, plus vaste, pour le musée. Il y a tellement de chose à montrer aux citoyens curieux de connaître tout cet héritage. Le cap Caxine, qui est un phare d'atterrissage, nous précise-t-il, ce qui veut dire qu'il se trouve à côté d'un port -il y a également les phares de jalonnement qui ont pour mission d'indiquer, seulement, à un navigateur, qu'il est proche des côtes- est très bien entretenu. Déjà, ceux qui prennent la route qui mène d'Alger à Aïn Benian ou Staouéli, peuvent constater ce fait en jetant un coup d'Å"il à l'entrée du phare si jamais sa clôture était ouverte. L'allée menant du portail jusqu'au phare est jonchée, sur les côtés, de jardins qui ornent l'enceinte.
En plus du phare, haut de près de 37,4 mètres à partir du niveau du sol (68,4 mètres à partir du niveau de la mer), il y a également deux autres bâtisses, l'une servant d'appartements aux fonctionnaires et l'autre regroupant les bureaux et la centrale de commande du phare. C'est à partir de cette dernière que le phare s'allume, à la tombée de la nuit, et s'éteint au petit matin.
Bien évidemment, aujourd'hui, les employés n'ont plus besoin de monter en haut du phare pour « allumer la mèche », comme ce fut le cas dans un passé lointain, quoique le «long voyage» jusqu'au sommet du phare soit toujours indispensable et ceux qui sont chargés de veiller sur son bon fonctionnement sont obligés de monter et de descendre plusieurs fois par jour pour s'assurer que tout va pour le mieux. D'ailleurs, en arrivant au sommet de la tour, après avoir emprunté quelques centaines de marches de l'escalier circulaire, Hamid Chaalal nous a fait savoir qu'un rideau est hissé durant le jour afin de protéger l'optique du phare, qui amplifie la lumière de la lampe, des rayons de soleil qui peuvent «griller» le mécanisme (les rayons du soleil peuvent provoquer l'effet inverse et au lieu que les optiques amplifient la lumière de la lampe de l'intérieur vers l'extérieur, elles le font avec les rayons du soleil dans l'autre sens, risquant ainsi de causer des dégâts à la lampe et au mécanisme de fonctionnement).
Ces employés sont donc obligés, chaque jour, de hisser ce rideau, quand le phare est éteint, et de l'enlever, à son allumage. Dans cette salle de commande, il y a également des groupes électrogènes pour parer à une quelconque panne électrique.
Cela, sachant pertinemment que la lampe du phare et l'optique en rotation peuvent fonctionner avec une simple batterie.
Pour dire que tout est fait afin que la lumière émise durant la nuit ne s'éteigne jamais.
A ce propos, il y a lieu de signaler que le tableau de commande du phare a été refait au début des années quatre-vingt-dix. Cela ne veut pas dire que le précédent, qui remonte à la date de l'électrification du phare durant les années soixante, n'était plus fonctionnel, mais c'était par précaution.
En tout état de cause, il est utile de relever que l'ancien matériel est d'une «résistance» et d'une «solidité» inouïes. Hamid Chaalal nous a informé que le support en rotation accueille les optiques qui amplifiant la lumière de la lampe, et qui est posé sur une «cuve à mercure» pour faciliter la rotation, date de l'inauguration du phare, c'est-à-dire de 1868.
En d'autres termes, un siècle et demi après, le système fonctionne toujours sans le moindre problème. Un matériel qui ne peut exister aujourd'hui. D'ailleurs, pour ce responsable du site, si jamais une panne venait à être enregistrée au niveau de ce support, il est fort à parier qu'il serait indispensable de refaire tout le système en optant pour des mécanismes beaucoup plus récents.
Les pièces de rechange pour cet ancien matériel ne pourraient être disponibles. En tout cas, pour l'instant on n'en est pas encore là, puisque le Cap Caxine ne présente aucun signe de «vieillissement», malgré son âge très avancé. C'est tout cela qui fait que ce phare provoque l'admiration chez ses visiteurs. Il donne l'air de se fortifier de plus en plus au fil des ans. Tout indique qu'il tiendra encore pendant un bon bout de temps. Le Cap Caxine continuera à orienter les navigateurs pendant des années encore...
Chaque phare peut être identifié par la couleur de sa lumière et la vitesse de sa rotation
Comme signalé plus haut, le Cap Caxine est un phare d'atterrissage. Ce qui voudrait dire qu'il est situé juste à côté d'un port. Dans ce cas-là précisément, il s'agit du port d'Alger, qui se trouve à environ dix kilomètres plus loin. Il y a d'autres sortes de phares, quoiqu'ils soient conçus de la même manière.
Ceux-là s'appellent des phares de jalonnement. Ils indiquent, pour les navigateurs, qu'ils sont près d'une côte. Sans utiliser le moindre moyen de communication, de transmission ou d'indication, les commandants de bord peuvent facilement s'orienter, sur le plan géographique, en s'approchant du littoral. En effet, chacun d'eux dispose d'un registre qui contient des éléments essentiels sur les phares. Des détails qui différencient les uns des autres. Comme nous l'a expliqué Hamid Chaalal, chaque phare a ses propres caractéristiques, principalement en ce qui est de la lumière et de la vitesse de rotation. Le Cap Caxine, par exemple, dispose d'une lumière blanche -il y a également des phares qui font jaillir une lumière jaunâtre- avec un rythme de rotation d'un éclat toutes les cinq secondes. C'est ces deux détails qui font qu'un navigateur s'oriente sans risque de se «perdre». Et dans son registre, il y a ces indications pour chaque phare.
Donc, dès qu'il l'aperçoit, en consultant son registre, il saura de quel phare il s'agit.
Des registres de visiteurs qui datent de 1868 !
Les employés qui se sont succédé à ce phare -c'est le cas probablement pour tous les autres phares également- ont le sens de la préservation de tout ce qui est ancien. Pour preuve, les registres des visiteurs -tout visiteur est censé laisser un mot en plus de son nom et de la date à laquelle il a effectué la visite- sont toujours archivés au niveau du site depuis son inauguration en 1868. Les premiers étaient, bien évidemment, tous français, souvent des militaires, puisqu'on y trouve toujours un grade à côté du nom inscrit. Ce premier registre est toujours en bon état. L'écriture est assez lisible. Au vu du nombre de personnes inscrites sur ces registres, notamment le dernier en date, celui sur lequel, d'ailleurs, le responsable du Cap Caxine nous a demandé d'inscrire nos noms et la date de visite, il faut dire que beaucoup d'Algériens se sont «promenés» à l'intérieur du phare. Pour dire que les employés n'ont pas lésiné sur les moyens ou les efforts afin de conserver tout cet héritage.
Les phares d'Algérie
1 - Cap Falcon (Aïn Turck, Oran) 1868
2 - Cap de l'Aiguille (Oran) 1865
3 - Cap IVI (Mostaganem) 1898
4 - Cap Colombi (El Marsa, Chlef) 1954
5 - Cap Ténès (Chlef) 1861
6 - Cap Cherchel (Tipasa) 1881
7 - Cap Tipasa (Tipasa): 1867
8 - Cap Caxine (Hammamet, Alger) 1868
9 - Cap Matifou (Bordj El Bahri, Alger)
10 - Cap de la jetée Wattier (Port d'Alger)
11 - Cap Bengut (Dellys, Boumerdès) 1881
12 - Cap Corbelin (Azeffoun, Tizi Ouzou) 1905
13 - Cap Sigli (Béjaïa) 1905
14 - Cap Carbon (Béjaïa) 1906
15 - Phare de Ras Afia (Jijel) 1907
16 - Cap Bougaroun (Chréa, Skikda) 1911
17 - Phare de l'île Srigina (Skikda) 1906
18 - Cap de Fer (El Marsa, Skikda) 1907
19 - Cap de Takouch (Chetaïbi, Skikda)
20 - Cap de Garde (Annaba) 1908
21 - Phare de l'île Habibas (Aïn Témouchent) 1878
22 - Phare de l'île Rashgoun (Aïn Témouchent) 1870
23 - Cap Rosa (Mrabtia, Taref) 1906
24 - Phare de l'île d'Arzew (Oran) 1865
25 - Phare de Ghazaouet (Ghazaouet Tlemcen) 1868(La Tribune, Abdelghani AICHOUN)
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Patrimoine culturel en voie de disparition
- Par Brahim BOUMEDIEN
- Le 02/01/2013
Mon ami Mohamed HABBA que je félicite pour ses écrits pertinents dans son blog "Ouled-Djellal 2009" m'a fait parvenir cet S.O.S, attirant l'attention sur un patrimoine culturel en voie de disparition. Conscient comme lui que si toutes les bonnes volontés s'unissent dans un cercle vertueux, notre belle ville que nous aimons tous peut retrouver son charme d'antan et faire non seulement le bonheur de ses enfants, mais aussi celui de tous les amoureux de l'art et de l'histoire...Patrimoine culturel en danger
Le patrimoine culturel d'Ouled-Djellal est la propriété de toute la population. Ce patrimoine est en danger et personne ne bouge. Il faut reconnaître que des initiatives individuelles ont été entreprises mais ont été avortées.
A présent, il est du devoir des responsables, des spécialistes en la matière, des amateurs de prendre une décision et de faire des recherches étudiées et méthodiques.
S'organiser et faire un travail bénéfique nécessitent des efforts énormes, mais la bonne intention prime dans des circonstances pareilles.
Ouled-Djellal compte des dizaines d'associations et on ne peut pas ignorer les activités même rares de ses associations, mais aucune n'a réussi à préserver ou à défendre le patrimoine culturel d'Ouled-Djellal.
Beaucoup de gens à Ouled-Djellal ignorent que le patrimoine de toute la région est très varié et des plus riches. En effet, la ville a connu des époques pleines d'activités bien avant la colonisation par l'armée française. Les sites qu'on peut admirer prouvent que toute la région mérite un peu plus d'intérêt.Les vieilles mosquées, le célèbre minaret, la villa Clerjeau à El Issel, le pont d'El Issel, l'ancienne église, la vieille ville, le reste des ruines Romaines à El Baourada, la vieille prison, les Nadis d'Erahba, El Hasnia et sa mahqama, ce qui reste des arcades de la grande place Errahba, l'Arc de la Rahba Echarguia et autres...
Les sites combien importants qu'on peut visiter à Sidi Khaled et dans toute la région sont très intéressants: La mosquée de Khaled Ibnou Sinan, les gravures rupestres dans la grotte de Oued Ettal, le fort de Doucen et d'autres merveilles ne doivent pas être délaissés.
Les civilisations qui sont passées dans la région ont laissé beaucoup de traces qu'il faut valoriser, et ceci ne sera possible que par des actions planifiées et aux objectifs bien définis.Si vous avez des commentaires ou des suggestions à faire, n'hésitez pas à les envoyer. Ce sera un bon soutien pour ce blog.
mohamedhabba6@gmail.com
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Les trois ennemis de la démocratie
- Par Brahim BOUMEDIEN
- Le 30/12/2012
Notre ami Lotfi que nous remercions, nous propose ce soir, une réflexion sur la démocratie, à partir du point de vue de TODOROV.Les trois ennemis de la démocratie, selon TODOROV
Pour TODOROV, l’un des plus grands intellectuels français contemporains, ce qui menace aujourd’hui la démocratie, ce ne sont pas ses ennemis extérieurs, quasiment inexistants, quoi qu’on veuille nous le faire croire, mais bien elle-même.
Ces ennemis intimes, secrétés par la démocratie, sont au nombre de trois :
Le premier est l’excès d’assurance, la démesure de la démocratie qui se croit « porteuse d’un bien supérieur » et considère « dès lors, légitime de l’imposer par la force » : la prison d’Abou Ghraïb en Irak, ou celle de Guantanamo, le rappellent tristement.
Le second est l’application malheureuse, au domaine économique, du principe de la liberté individuelle : la dérive libérale qui conduit à « la tyrannie du capitalisme, au détriment de la protection du peuple, par l’Etat ».
Le troisième enfin, est le populisme, « l’envers pervers de la démocratie », paré des apparences de la légitimité démocratique. Faisant appel à l’émotion, au mépris de la raison, le populisme cherche, en effet, « une adhésion immédiate et totale des masses populaires », n’hésitant pas à avoir recours à la « manipulation médiatique, la plus outrancière ».


