Aimer rime avec Semer

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                                                                                Aimer rime avec Semer

 

           C'est une amie véritable et par conséquent "une douce chose" qui m'a fait parvenir ce récit qu'elle a beaucoup aimé. J'ai été subjugué à mon tour par les qualités humaines et les valeurs véhiculées par ce texte porteur d'une leçon d'une rare beauté. Aussi, et après avoir obtenu l'aimable consentement de cette passionnée de littérature,

 

ai-je souhaité partager ce morceau choisi avec les visiteurs de pédagotec qui, j'en suis persuadé, se rendront compte que ceux qui "cherchent vos besoins au fond de votre coeur et vous épargnent la pudeur de les leur découvrir vous-même," se comptent malheureusement sur le bout des doigts, comme j'aime à le rappeler souvent à mes apprenants.

 

                                                                 Aimer rime avec Semer

 

"J'étais à l'épicerie du coin en train d'acheter des pommes de terre nouvelles. J'ai

remarqué un petit garçon, d'ossature délicate, pauvrement vêtu, mais propre, regardant

avec envie un panier de fèves vertes fraîchement cueillies.

 

J'avais déjà payé pour mes pommes de terre, mais je me suis arrêté aux fèves vertes.

J'adore la soupe aux fèves et aux patates. Choisissant des fèves, je ne pus m'empêcher

d'entendre la conversation entre Monsieur Miller (le propriétaire du magasin) et le

pauvre garçon qui était à côté de moi.

 

« Bonjour Barry, comment vas-tu aujourd'hui? »

 

« Bonjour Monsieur Miller, ça va bien merci. J’étais juste en train d'admirer vos fèves.

Elles ont l'air vraiment très bonnes. »

« Elles sont bonnes Barry ! Comment va ta mère » ?

 

« Bien. Elle n'arrête pas de mieux se porter. »

 

« Bien. Puis-je faire quelque chose pour toi? »

 

« Non Monsieur, je ne faisais qu'admirer ces fèves. »

 

« Voudrais-tu en rapporter à la maison? » demanda Monsieur Miller.

 

« Non Monsieur, je n'ai rien pour les payer. »

« Et bien, que pourrais-tu me donner en échange de quelques fèves? »

« Tout ce que j'ai, c'est ma précieuse bille que voici. »

 

« C'est une vraie? Laisse-moi la voir. » Dis Monsieur Miller.

 

« Voici, elle est de qualité. »

 

« Oui, je peux voir ça. Humm, la seule chose c'est qu'elle est bleue et j'en recherche

une rouge vif. En as-tu une rouge comme ça chez toi? »

 

« Pas rouge vif, mais presque... »

 

« Tu sais quoi ? Ramène ce sac de fèves avec toi à la maison et quand tu repasseras dans

le coin, tu me montreras cette bille rouge » lui dit Monsieur Miller.

« Bien sûr Monsieur Miller. Merci. »

 

 

Madame Miller, qui était debout juste à côté, est venue pour m'aider... Avec un sourire,

elle a dit : « Il y a 2 autres garçons comme lui dans notre quartier, les trois sont dans

des conditions vraiment précaires. Jim adore marchander avec eux pour des fèves, des

pommes, des tomates ou n'importe quoi d'autre. Lorsqu'ils reviennent avec leurs billes

rouges, et ils le font toujours, Jim décide que finalement il ne veut plus de rouge et

les renvoie chez eux avec un sac d'une autre marchandise en échange d'une bille verte ou

une orange, lorsqu'ils reviendront au magasin. »

 

J'ai quitté le magasin avec un sourire au cœur, impressionné par cet homme. Peu de temps

après j’ai déménagé et je me suis installé au Colorado, mais je n'ai jamais oublié

l'histoire de cet homme, des garçons et leurs marchandages de billes.

 

Plusieurs années passèrent, chacune plus rapidement que les précédentes. Récemment j'ai

eu l'occasion de visiter de vieux amis dans ce quartier de l'Idaho et pendant que j'y

étais, ce Monsieur Miller est décédé.

 

Il y avait les funérailles ce soir-là et sachant que mes amis désiraient s'y rendre, je

les ai accompagnés. À notre arrivée au salon, nous étions dans une ligne pour rencontrer

les personnes éprouvées et leur offrir nos sympathies.

 

Devant nous dans la ligne il y avait trois jeunes hommes. L'un d'eux était en uniforme de

l’armée et les deux autres hommes étaient bien coiffés, en habits noirs et chemises

blanches... Tous paraissant vraiment bien. Ils s'approchèrent de Madame Miller, qui était

debout calme et digne à côté du cercueil de son mari. Chacun des trois jeunes hommes

lui fit une caresse, l'embrassa sur la joue, lui parla brièvement et s'approcha du

cercueil.

 

Ses yeux bleu -clair rougis, les suivirent et, un par un, chacun des jeunes hommes

s'arrêta brièvement et mit sa main tout au-dessus de la main pâle et froide dans le

cercueil. Chacun d'eux sortit maladroitement du salon, en essuyant ses yeux. C'était

notre tour de rencontrer Madame Miller. Je lui ai dit qui j'étais et lui rappelai

l'histoire d'il y avait longtemps et ce qu'elle m'avait raconté concernant les

marchandages de billes. Avec ses yeux brillants, elle prit ma main et me conduisit au

cercueil.

 

« Ces trois jeunes hommes qui viennent juste de partir étaient les garçons dont je vous

parlais. Ils viennent de me dire combien ils avaient apprécié la façon dont

Jim les "marchandait". Maintenant, finalement, puisque Jim ne pouvait plus changer d'avis

concernant la couleur ou la grosseur de la bille... ils sont venus payer leur dette. »

 

« Nous n'avons jamais eu l'occasion de faire fortune dans ce monde " me confia- t-elle,

mais actuellement, Jim se serait considéré comme l'homme le plus riche de l'Idaho.» Avec

tendresse, elle leva les doigts de son mari décédé. En dessous de sa main se trouvaient

trois billes d'un rouge éclatant.

 

La morale : on ne se souviendra pas de nous par nos paroles, mais par nos bonnes

actions... La vie ne se mesure pas par le nombre de respirations que nous prenons, mais

par les moments qui font que l'on retienne notre respiration...

 

Aujourd'hui je vous souhaite une journée remplie de ces petits bonheurs : du café frais

que vous n'avez pas préparé vous-même... Un coup de téléphone d'un vieil ami... Des feux

verts sur votre chemin pour vous rendre au travail... La ligne la plus rapide à

l'épicerie... Une bonne chanson à la radio... Vos clés retrouvées à la même place où

vous les aviez laissées.

 

 

.

 

C’EST SURTOUT CE QUE TU SÈMES QUI DIT QUEL GENRE DE VIE TU AS VECUE !

      (Anonyme)                                                                                         12 septembre 2011

 

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Commentaires (3)

1. mansouri yahia 24/03/2013

Vous me manquez monsieur Boumediene ....je souhaite vous rencontrer un jour inchallah

Brahim BOUMEDIEN

Brahim BOUMEDIEN Le 24/03/2013

Quel plaisir ! Je savais que Yahia finirait par lire mon message et visiter pedagotec. Tu sais, j'ai gardé un excellent souvenir de toi et de tout le groupe. Je vous souhaite à tous plein succès dans votre vie personnelle et professionnelle ! Cordialement.

2. belkacem 11/06/2012

très touchant comme histoire. Finallement, on devrait échanger beaucoup de choses pour des billes et ....bien sûr billes de n'importe quelle couleur....

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Date de dernière mise à jour : 29/09/2017

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