Je suis mort

                  

Je suis mort l annee des criquets

                Je suis mort, « l’année des criquets »

 

- Il n’a aucune chance de rester en vie ! Tu as vu la voiture ? Il est dans un coma dépassé, depuis hier. Son pronostic vital est engagé. C’était un brave gars.

- Ce n’est pas ce que tout le monde dit ; certains ne l’avaient pas en odeur de sainteté !

- Je pense surtout à sa femme et à son fils, si jeune encore. Que Dieu leur donne force et patience …

- Moi, je pense plutôt à son successeur. Est-ce qu’il va être à la hauteur ?

 

Tel est le dialogue qui s’est déroulé, « l’année des criquets », dans le village où j’habitais.

 

Autrefois, les gens prenaient pour référence un évènement marquant pour situer dans le temps une date. C’est ainsi qu’on parle de « l’année de l’éléphant » pour indiquer la période où la Kaaba a failli être démolie par « Abraha », envoyé par les Abyssins avec un éléphant énorme pour de basses considérations commerciales. A l’entrée de l’édifice, le miracle divin se produisit : l’éléphant fut stoppé net et les troupes qui le suivaient furent bombardées par des cailloux de petit calibre lâchés par une nuée d’oiseaux. C’est ainsi que la Kaaba fut sauvée. « L’année de l’éléphant » est aussi l’année où le prophète Mohamed, (Que le salut soit sur lui), vint au monde.

 

Quant à « l’année des criquets »(Aâm ejrade), c’est l’année où mon village et sa région furent envahis par les sauterelles. Le nuage qui s’y est abattu, était différent de ce qu’on avait l’habitude de voir : il n’épargna ni ce qui était vert, ni ce qui était sec.

 

Cette année là, par un mois de février, au crépuscule, je roulais sur une route de campagne en compagnie d’un véritable ami. Nous n’étions pas pressés. On discutait à bâtons rompus des choses de la vie. Une petite pluie fine commençait à tomber, mais la route était droite et nous étions presqu’arrivés. Tout à coup, un bolide, venant en sens inverse, dérapa et nous projeta sur le bas côté de la route. La suite, je ne m’en souviens pas.

 

Lorsque je repris connaissance, j’étais sur un lit d’hôpital, avec plein d’appareils sur mon visage, mon corps et autour de moi. L’atmosphère était celle de ces lieux de soins. Je souffrais terriblement et j’avais du mal à respirer malgré le masque d’oxygène. Mes yeux distinguaient à peine le goutte-à-goutte du sérum que l’aiguille injectait dans ma veine. A travers la lumière blafarde de la chambre, je vis une infirmière venir vers moi. Elle avait l’air soulagée et visiblement contente. Sa présence, ses gestes, ses paroles réconfortantes et son sourire me rassurèrent. Je n’oublierai jamais ce visage angélique. Elle ne me laissa pas le temps de lui poser la moindre question et me résuma la situation : « Vous allez mieux, me dit-elle, n’ayez crainte, vous êtes sauvé. Vous venez de sortir d’un coma de plus de vingt-quatre heures, suite à un accident de la circulation. Ce n’est pas très grave. On s’occupe de vous. La nuit s’écoula sous la surveillance de mon ange gardien.

 

Le lendemain, lorsque le médecin arriva il prit la décision de m’opérer. Cela se passa dans la journée. A mon réveil, je trouvai à mon chevet le chirurgien, un praticien aux compétences et aux qualités humaines avérées. Il avait un large sourire et ses premières paroles furent : « Monsieur, vous êtes un miraculé ! C’est la première fois, dans ma carrière qui est assez longue que je rencontre un cas pareil. Suite à votre accident, vous avez eu, en raison de la violence du choc, une rupture de rate. Et savez-vous ce qui a arrêté l’hémorragie ? C’est votre estomac qui, en se soulevant, a fait garrot et a empêché le sang de couler intérieurement. Si tel n’avait pas été le cas, vous ne seriez même pas arrivé ici en vie. Ajoutez à cela une déchirure du diaphragme que nous avons réparée. Trois côtes et un plateau tibial fracturés. Voilà le compte rendu de l’opération et remerciez Dieu qui vous a sauvé ! »

 

Voici donc un autre miracle qui s’est produit non pas pendant « l’année de l’éléphant » comme nous l’avons vu, mais pendant « l’année des criquets » où les sauterelles s’abattant sur mon village ont tout dévasté : l’herbe, les plantes et même les palmiers. Année où, je suis censé être mort ; or, je suis encore vivant grâce à la volonté divine. Toute cette période qui s’est écoulée depuis « l’année des criquets » c’est du bonus !

Dieu qui êtes là-haut, je ne vous remercierai jamais assez. Merci mon Dieu.

 

C’est pour cela que je dis à mes amis, que je dis à tous ceux que j’aime et qui m’aiment : ne soyez pas tristes si je venais à partir. Dieu a été généreux à mon égard. Il m’a fait un cadeau divin parce qu’il m’aime. Il a prolongé ma vie au moment où personne ne donnait cher de ma peau. Et ça, ce n’est pas rien ! Mes amis, faites moi plaisir, ne pleurez pas :     j’en souffrirai dans ma tombe et je sais que vous n’aimeriez pas que je souffre. Dites : « Il a vécu, Dieu l’aime.

 

C’est un miraculé. ».

 

B. BOUMEDIEN.

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Commentaires (2)

1. ghadames (site web) 10/12/2013

Bonjour chers Mehdi, Zineb et Brahim
Je me joins à toi pour souhaiter longue vie et santé à tes parents qui ont affronté peurs et soucis à ta naissance et qui ont fait de toi un Homme respectueux et respectable.
Cela me rappelle les miens parents tous disparus, que Dieu ait leurs âmes, même ceux cités dans l'article ci après
http://ghadames.artblog.fr/1061955/L-oreille-doseuse/
Affectueusement.

2. Mehdi BOUMEDIEN 13/08/2011

Dieu est tellement bon, tellement généreux, tellement miséricordieux que le miracle ne pouvait point ne pas se produire. Notre foi en lui est plus que jamais forte et indélébile.

Remercions cette Divinité inégalable par la prière et l'humilité car nous lui devons bien cela.

Que le seigneur te garde pour nous et parmi nous très cher père.

Ton fils unique, Mehdi.

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Date de dernière mise à jour : 26/09/2017

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