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Ce blog est destiné à tous ceux qui sont intéressés par notre projet de lutte contre l'illettrisme : l'échange d'expériences, les suggestions, les avis, les critiques, les questionnements sont les bienvenus. Merci.

                       pedagotec

Les quatrains d omar khayam

LES QUATRAINS d'Omar Khayam

Les quatrains d omar khayam

Mon ami Saïd que je remercie, m'a fait parvenir ce beau poème d'Omar khayam, en vue d'un partage avec les amis et visiteurs de pedagotec. Je suis sûr qu'ils apprécieront et commenteront...

LES QUATRAINS

d' OMAR KHAYYAM

CELUI qui fit la coupe aime aussi la briser ! 
Chers visages si beaux, et seins doux au baiser, 
Par quel amour créés, détruits par quelle haine, 
Périssez-vous, trésors de cette fleur humaine?

 

Étreins bien ton amour, bois son regard si beau, 
Et sa voix, et ses chants, avant que le tombeau 
Te garde, pauvre amant, poussière en la poussière, 
Sans chansons, sans chanteuse amie, et sans lumière.

Puisque ce monde est triste et que ton âme pure, 
O mon amie, un jour, doit aller chez les morts, 
Oh ! viens t’asseoir parmi les fleurs sur la verdure, 
Avant que d’autres fleurs s’élèvent de nos corps.

Que vos pas soient légers à ces mousses fleuries, 
Près de ces flots riants comme des pierreries, 
Car on ne peut savoir de quelles lèvres douces 
Et mortes, ont jailli ces fleurs parmi ces mousses.

L’homme est une poupée en la main d’un géant 
Nous sommes des jouets sur le damier des êtres, 
Et le quittons bientôt pour rentrer au néant, 
Dans la botte et dans l’ombre où les vers sont nos maîtres.

Cloué, les yeux fermés, sur les hauts murs de Khous, 
Pend l’affreux chef saignant du fier Key-Kavous. 
Sur son crâne un corbeau crie en raillant sa gloire, 
Où sont tes clairons d’or qui sonnaient ta victoire ?

Que d’êtres non vivants qui vivent sur la terre ! 
Que d’autres enfouis au séjour du mystère ! 
Et devant ce désert du néant, je me dis 
Que d’êtres y viendront, combien en sont partis !

Tu vis donc se fermer, plein d’adorables choses, 
Ce livre, ta jeunesse, et se mourir les roses 
Du jardin, d’où l’oiseau d’hier s’est envolé... 
— Où, pourquoi, qui le sait ? Où s’en est-il allé ?

Sois jaloux en voyant la rose qui s’effeuille ; 
Elle sourit et dit à celui qui la cueille 
Déchirant le cordon de ma ceinture, enfin, 
Je répands mes trésors d’amour sur le jardin !

Comme l’aube écartait le rideau de la nuit, 
Quelqu’un de la taverne a crié : le temps fuit ; 
Remplis ta coupe avec la liqueur de la vie, 
Et sois ivre, avant l’heure où la source est tarie.

Épervier fou, laissant le séjour du mystère, 
Mon âme avait voulu monter encor plus haut ; 
Je n’ai point ici-bas trouvé ce qu’il lui faut, 
Et rentre d’où je viens, mal content de la terre.

Que de soirs, avant nous, ont éteint leur clarté !... 
Oh ! prends garde, en posant ton pied sur la poussière, 
Car peut-être fut-elle, aujourd’hui sans lumière, 
La prunelle des yeux d’une jeune beauté ?

Les sages te l’ont dit : cette vie est un songe, 
Une chose est certaine, et le reste est mensonge, 
Une chose est certaine ainsi que nos amours, 
La fleur s’épanouit, puis meurt, et pour toujours.

Plus rouge, plus ardente et plus fière est la rose 
Qui fleurit à la place où quelque Émir repose, 
Ainsi que la jacinthe en la mousse des bois, 
Pâle, sort d’une tête adorable autrefois, 

Toute espérance est vaine où notre cœur s’endort, 
Et cendre elle devient; car tout va vers la mort. 
Dans le désert ainsi disparaît la lumière 
De la neige, éclairant sa face de poussière.

Eux-mêmes les savants, ces scrutateurs des causes, 
Sans cesse poursuivant la vérité qui fuit, 
N’ont pu faire un seul pas hors de l’ombre des choses, 
Et, nous contant leur fable, ils rentrent dans la nuit.

Allah, Toi qui parfois T’endors, puis Te réveilles, 
Te caches, puis soudain brilles en des merveilles, 
Essence du spectacle, autant que spectateur 
Serait-ce pour Toi seul que Tu T’en fais l’auteur ?

Ce monde, moins que rien, n’est qu’un rêve pour Lui ; 
Sa splendeur, soleil d’or qui jaillit de la nuit, 
Une heure fait briller des poussières d’atomes 
— Et tout cela, vaine apparence de fantômes !

Nous sommes descendus très bas, et cette vie, 
Où nous venions trop tard peut-être, a contenté 
Si mal en ses désirs notre âme inassouvie, 
Qu’il lui plaît de sortir d’un monde sans beauté.

Voici le printemps clair où les lys vont renaître, 
Où, comme ravivé du souffle de Jésus, 
Le rosier va fleurir, et le ciel au-dessus 
Verser des pleurs d’amour, en pensant à son Maître
.

 

(Traduction de Jean Lahor)

 

OULED-DJELLAL

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OULED-DJELLAL

(par Ahmed BOUJEMLINE dit Abderrezak)

 

Cette présentation a été faite le 15 juin 2013, à Pierre Bénite (Lyon) par notre ami Ahmed BOUJEMLINE, en présence des élus locaux de la mairie qui recevaient une délégation de leurs homologues algériens d’Ouled-Djellal, en vue d’un jumelage des deux villes. Il est à signaler que le groupe qui a présenté la ville était constitué d’autres éléments dont M. FOUIL Athmane qui ont grandement contribué à ce que cette rencontre soit enrichissante à plus d’un titre, en intervenant dans les domaines qui sont les leurs.

 

 

 

 

1-Histoire

      

     Ouled-Djellal serait née à partir d'une oasis berbère (selon le senatus-consulte) à côté du limes (sorte de mur frontalier romain) qui donna lieu, par la suite, à une ville portant le nom, semble-t-il, de l'un de ses premiers habitants «  Jellel  »  .Le mot veut dire harnachement, ornement (décoration) des selles de chevaux, métier qu'exerçait celui-ci.

Cet homme avait la réputation, d’être hospitalier et généreux, particulièrement envers les visiteurs en quête de savoir.

 

       Ces valeurs, transmises de génération en génération ont fait dire, plus tard, à tous ceux qui ont eu l'occasion de séjourner dans cette ville, que «  l'on y vient à contrecœur, et que l'on repart de même  »

 

        Les premières maisons auraient été construites sur les deux rives d’ Oued Djedi (celui-ci, étant une longue rivière, prenant naissance à plusieurs centaines de km à l'ouest) durant le 16°siècle, période de l'occupation turque. Leur nombre ne dépassait pas la  quarantaine et leur situation était à 400 km au Sud Est d'Alger et de la Mer Méditerranée.

         

        Ce hameau attira, petit à petit, des familles venant des régions voisines, cherchant la sécurité, une vie sociale et la stabilité. Ce qu'elles trouvèrent sans doute, puisque la ville compte aujourd’hui, plus de 70.000 h. (10.000 en 1962).

 

         En se développant grâce à sa composante humaine, constituée de citadins et de nomades tout autour, cette ville a toujours représenté le lieu où vivent plusieurs tribus, avec des cultures quelque peu différentes, en parfaite harmonie, constituant le bled  des7« Aarouchs »et « Enekhla Ouerekhla » et confirmant les dires du poète : « Jellala, Watn El-mahabba »

 

           L'atmosphère humaine que l'on retrouve, en y vivant, crée un climat très attachant et plusieurs témoignages d'étrangers, y ayant séjourné, confirment ce sentiment d'hospitalité, de bonté innée et d'ouverture sociale vers l'autre. Combien de gens, ayant quitté la ville, après y avoir résidé plus ou moins longtemps, ont exprimé leur grande tristesse en repartant.

 

2-Culture et Société

         

             On peut dire que cette ville a été un des berceaux de la culture arabo-musulmane, de par ses Zaouias (Echorfa, Lemàamra, L’mokhtaria, etc...) et écoles coraniques annexées aux mosquées. Il faut citer Zaouiet El hamel (Kassimia) très liée à Ouled-Djellal, qui a été le prolongement d'El Mokhtaria et qui a instruit toute une génération. Cette respectable Institution a été servie successivement, de père en fils, par la noble famille Kassimi, représentée parmi nous aujourd'hui, en la personne de Mr le Consul Général d'Algèrie, qui nous a honoré de sa présence. Qu’il en soit vivement remercié.

 

       L'association des Oulemas de Cheikh BenBedis a également été présente, par le fils même du bled, El allama Med ben El âabed  Smati qui fut un grand enseignant, aussi bien dans le domaine du savoir que dans celui de l'humilité qu'il incarnait fortement.

 

        Durant les années 70-80, et, à plusieurs reprises, les jeunes lauréats à la psalmodie du Noble Coran, à l'échelle nationale, provenaient de cette ville et ce, grâce aux écoles coraniques fréquentées par la plupart des enfants. L'école française a également eu sa part dans l'instruction et la réussite de nombreux universitaires qui ont transité par le célèbre Lycée Franco-Musulman de Constantine et qui sont devenus à l'indépendance, les premiers administrateurs, médecins, ingénieurs et autres cadres.

 

        Parallèlement à cette culture et ce culte très développés localement, le Jellali a toujours montré une prédisposition sociale pour l'ouverture au monde extérieur, au voyage, à la diaspora (qui sera évoquée par d'autres collègues) et des performances dans divers domaines. Permettez moi d'en citer quelques uns :

            

             - Le premier Doctorat algérien en Philosophie, à la Sorbonne, est obtenu par M.    KORIBAA  Nabhani,en 1967.

            

              -Une médaille d'or aux Jeux Olympiques d'Amsterdam, dans le marathon, est obtenue par El Ouafi Bouguera (ou Chikh), en 1928. Cet athlète exceptionnel était d'un milieu défavorisé. Il ne bénéficiait d'aucun contexte sportif qui le préparait à ce niveau.Vivant à O.Djellal au moment où sa mère divorcée, habitait Lioua (à 30km), il lui  rendait visite, souvent, mais faisant le trajet aller-retour à pied et en courant. C’est ainsi qu’il est devenu marathonien

sans le savoir. (Un peu comme monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir…) Ce n'est qu'une fois dans l'armée française que l'on remarqua ses capacités athlétiques et qu’il est pris en charge et, rapatrié en France. Là, c'est la vraie préparation de haut niveau qu'il reçut et qui donna le résultat connu.

 

               Ce double exploit, celui du marathon, d'une part, et celui d'avoir écrit le nom de sa ville natale, en lettres d'or, avant tous, d'autre part, mérite à mon sens, bien des égards. J'en citerai un seul : celui d'avoir son nom sur un site sportif (ou autre) dans sa ville, dans d’autres villes et dans la capitale de son pays, comme il en a été à Paris, dans une rue de St-Denis (non loin du Stade de France).

                         Il vous appartient, Messieurs les Responsables Communaux et Nationaux, d'y songer !

               

                -Un championnat de boxe, en Algérie et en France, obtenu par Allouche Med.

              

                -Enfin, ce que l'on peut considérer comme la cerise sur le gâteau, ou le fruit du hasard, lors de la tentative d'attentat sur le Pdt Chirac, au cours du défilé du 14 juillet, il y a quelques années, tout le monde s'en souvient, le jeune homme qui s'est jeté sur le tireur, est jellali : Il s'agit de Med Chelali, ingénieur en hydrocarbures, vivant au Canada et en vacances à Paris ce jour là, et qui n'est autre que le fils du non moins célèbre Haouès, l' ancien joueur de la JSOD.

 

3-Economie et urbanisme

   

    Pour ce qui est de l'urbanisme, l'ancienne ville était construite en matériau traditionnel, le toub (terre stabilisée) et keddène (pierre de gypse). Elle avait deux espaces conviviaux ou places, la grande ou « Errahba » où se trouve le grand marché, entouré de magasins et de cafés, face à la grande et ancienne mosquée et où se retrouve tout le monde, tous les jours ; la placette ou

 « Errahba Essgheira »,qui réunit un public un peu particulier, qui lui, ne fait pas de commerce, mais discute plutôt politique et de nouvelles en provenance de  France, et notamment de Pierre-Bénite et Oullins.

    

     A partir des années 70, et, à l'instar du reste du pays, de nouvelles habitations sont construites avec des matériaux beaucoup plus étudiés et conformes aux normes urbanistiques en vigueur, sur les hauteurs de la localité, donnant lieu à pratiquement, une nouvelle ville, avec de larges espaces verts, magasins modernes, un marché couvert, et des structures publiques, dignes d’une ville moderne (un grand hôpital, des complexes sportifs, des collèges et lycées et autres cités administratives).

     

      Sur le plan économique, les ressources principales ont été au début, constituées par la culture du palmier dattier qui donne entre autres, une variété de datte  « Deglet- nour » de renommée mondiale, dont l'exportation est en train de se développer et la culture ovine du mouton dont la race locale est décrite dans les annales (race d'Ouled-Djellal), comme étant l'une des meilleures au monde.

 

        Ensuite, la découverte et l'exploitation du grand gisement de gypse à Deifel, par la plâtrière (investie dernièrement, par le Français, St Gobain), qui emploie actuellement 80 personnes et qui est appelée à se développer davantage, pour offrir un nombre plus important d'emplois, en raison l'importance du gisement, la qualité du produit obtenu et la demande à caractère régional, de plus en plus grande.

 

        Ces richesses naturelles donnent à la ville une renommée nationale. Ainsi, en automne, c'est la ruée d’un peu partout, pour l'achat des dattes. A l'approche de l'Aid el Kébir, c'est une autre ruée, pour l'achat du mouton de l'Aid (le mouton d'O.Djellal) qui va décorer d'abord quelques temps, les cours des maisons, avant d'être sacrifié. Ajoutons à cela, le passage régulier, à longueur d’année, des camions de transport du plâtre, vers toutes les régions du pays, tant la demande est forte.

         

         A ces ressources traditionnelles et limités et vu le développement de la ville, l'Etat, c’est indéniable, assure un grand nombre d'emplois permanents.

         

         Enfin, il est à signaler, qu'après avoir été longtemps, un cul de sac, à partir duquel le visiteur ne pouvait pas aller plus loin, l’endroit est devenu à partir des années 80, un grand axe routier, reliant le Nord au Sud du pays. En effet, un nombre incalculable de véhicules, de toutes catégories, sillonne quotidiennement la ville, dans toutes les directions. Que ceux qui doutent de mes propos fassent le déplacement, ils ne le regretteront pas…

 

 

 

 

    

          

 

 

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L'école ça sert à quoi ?

l-ecole-ca-sert-a-quoi-2.jpgL'école, les constantes nationales et la modernité

Par Rachid Brahmi

       Au moment où l'on parle beaucoup de "réforme du système éducatif" et où souvent l'expression donne l'impression d'être galvaudée, la contribution de Rachid Brahmi me paraît intéressante à plus d'un titre...

       

       Devrais-je encore donner mon humble avis sur le système éducatif, alors que j'ai déjà eu l'occasion de le faire à maintes reprises, bien que les thématiques soulevées ne soient pas toujours les mêmes ? Devrais-je rappeler que de nombreux universitaires se sont aussi exprimés, très souvent mieux que moi, et ont avancé des propositions, à travers divers canaux dont ceux de commissions ou de séminaires, pour une école à la mesure des défis de ce troisième millénaire ? Le système éducatif algérien continuera d'alimenter les débats dans cette école soumise aux critiques les plus franches et aux expérimentations malheureuses. Y a-t-il un écho pour toutes ces commissions et pour les recommandations dégagées lors de moult séminaires ? Y aurait-il une écoute ?  

 

           Cette contribution consiste essentiellement à appréhender des déclarations récentes dont celle du ministre de l'Education nationale, lors de la séance plénière de l'Assemblée populaire nationale (APN) sur les références clefs de notre système éducatif. Le premier responsable de l'Education nationale affirme que « les efforts du système éducatif en Algérie visaient à édifier une école moderne et imprégnée de valeurs nationales» à travers des programmes pédagogiques qui portent sur le raffermissement de l'unité nationale et l'ancrage des principes humanitaires. « La consécration des principes et idéaux de novembre pour consolider l'attachement des générations montantes à la patrie, à son histoire, aux nobles préceptes de l'Islam et promouvoir les valeurs de la République et de l'Etat de droit, s'inscrivent parmi les objectifs escomptés» a ajouté le ministre. Relevons, puisque l'occasion se présente, que le ministre de l'Education nationale devait répondre aux questions de nos députés, dont certains, ont récemment et tristement reconnu, dans une émission de télé, qu'ils ne lisaient pas.

            Qu'attendre alors de ces représentants du peuple qui doivent débattre de questions graves? Et que dire d'une personne qui n'ouvre pas un livre ? Bref, selon les déclarations officielles du ministre, les idées clefs qui sous-tendent notre système éducatif gravitent autour de la modernité, du patriotisme, de l'attachement à l'Islam et aux valeurs de Novembre, le tout mis en œuvre à travers des programmes pédagogiques.

Les affirmations du premier Responsable de l'Education nationale amènent forcément des interrogations pour ceux qui ont à cœur les questions éducatives. Il s'agit tout d'abord de savoir si les divers concepts utilisés ont la même signification pour tous les citoyens en général, et pour les acteurs du  système éducatif en particulier.

               Pour ce qui est de la modernité, c'est un concept polysémique, car on parle de modernité politique, technique, scientifique, et la modernité au sens philosophique désigne « tout projet qui impose la raison comme norme transcendantale à la société ». Si l'on comprend qu'il est fait référence au sens philosophique du terme, alors l'amer constat au niveau de notre école, c'est que les principes fondamentaux du raisonnement sont négligés. C ‘est le moins qu'on puisse dire. On peut également s'interroger sur ce que signifie un caractère républicain, ou encore les valeurs et idéaux de Novembre. Mais où dégoter les textes relatifs aux valeurs et idéaux de novembre, s'il en existe plus d'un ? Le simple citoyen que je suis s'est donc contenté d'une relecture rapide de la proclamation du premier novembre, seul document disponible sur les idéaux de Novembre. Cette proclamation note que l'indépendance nationale consistait en deux buts qui sont, d'une part, la restauration de l'Etat algérien souverain, démocratique et social , dans le cadre des principes islamiques, puis d'autre part, le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions. Le reste de la proclamation me semble traiter uniquement cette période de lutte du peuple algérien.

               Concernant le patriotisme, cet amour et ce dévouement pour la patrie, ce sentiment d'attachement à la communauté nationale, peut se traduire par la lutte contre les fléaux et les injustices. Et si le patriotisme c'est aussi le respect de ses symboles, il devrait se poursuivre et se matérialiser par des actions et des attitudes civiques et morales. Il ne suffit pas de se mettre au garde à vous devant l'emblème national, de chantonner ou tonitruer Kassaman pour prouver qu'on est un bon patriote. A cet effet, la levée quotidienne des couleurs dans nos écoles sans couleurs, représente-t-elle vraiment, aux yeux de nos bambins, un acte patriotique alors que l'incivisme est omniprésent ? Quant à l'Etat de droit, mais que signifie au Juste sa promotion à l’école ?

 

                 Pour ce qui est de l'enseignement de l'éducation islamique, les programmes mis (ou à mettre) en œuvre sont-ils suffisants pour inculquer à nos enfants les préceptes de l'Islam ? Car tout un chacun sait que ce type d'enseignement, aussi balisé qu'il soit par le programme officiel, dépend également de la formation, des compétences et du vécu propre de chaque formateur. Illustrons cela : que penser de tel ou tel enseignant du cycle primaire qui aborde, dans le cadre d'un cours d'éducation islamique, avec des bambins de moins de dix printemps, la question du supplice de la tombe ?        

 

                   Peut-on inculquer l'amour, la tolérance et d'autres valeurs humanistes ou islamiques en terrorisant les enfants ? Apprend-on ainsi à nos enfants à vivre ou à mourir ? Que penser également des différentes lectures de textes se référant à l'Islam, et variant d'un individu à l'autre ? Et puis de quel Islam parle-t-on et de quelle école s'y afférent ? De quelles variantes ? De quel(s) courant(s) parmi les quatre reconnus par la déclaration de La Mecque en 2005 de l'OCI ? Car nous savons qu'il existe également de multiples courants, comme le soulignait récemment avec inquiétude, l'inspecteur général au ministère des Affaires religieuses ? Si les Wakfs s'inquiètent à raison de la réorganisation et de l'accroissement de sectes en Algérie, et s'ils proposent «l'amélioration de la qualité de la formation des imams qui se chargeront de répondre à tous les questionnements de la société pour qu'elle ne cherche pas de réponses à ses interrogations d'ordre cultuel à travers les supports électroniques et les chaînes satellitaires», alors il faudra reconnaître, vaille que vaille, que nos enfants sont plus exposés à l' endoctrinement, et que leur meilleure arme est de leur assurer un enseignement basé sur l' esprit critique, donc sur la rationalité, à partir de méthodes et contenus pédagogiques adéquats , sous la houlette d'un encadrement bien formé qui doit déposer sa casquette et sa veste chez le gardien de l' entrée de l' établissement scolaire.

                      Pour ce qui concerne le sommet extraordinaire de l'OCI de 2005, les dirigeants musulmans précisaient que « la civilisation musulmane fait partie intégrante de la civilisation humaine ».Ce sommet avait également adopté « un plan d'action de dix ans pour relever les défis du 21 ème siècle ».Ce plan prévoyait entre autres de «réviser les programmes scolaires pour consolider les valeurs de tolérance et de dialogue ».

                     Pour revenir aux valeurs (nationales et républicaines, modernistes et islamiques) énoncées par le ministre, celles-ci nécessitent certes des programmes adaptés, mais également et surtout une ressource humaine compétente à tous les niveaux du secteur de l'éducation afin que tous les concepts que véhiculent ces valeurs ne soient sujets à tout amalgame. Il est question donc de prévoir les gardes - fous, non seulement au niveau des Wakfs, dont la tutelle semble réagir avec beaucoup de retard, mais également au niveau de l'éducation nationale à qui on confie nos enfants, cette frange la plus vulnérable. D'autre part, une information livrée par l'agence nationale APS, en date du 04 mai 2013, et ayant trait au système éducatif algérien, rapporte qu'un colloque initié par la section locale de l'Association des Oulémas musulmans algériens (AOMA), sur «L'école algérienne, états des lieux et perspectives» s'est tenu à Batna. Selon l'agence APS, les participants à ce colloque « ont insisté sur la nécessité de créer une instance chargée de veiller à la qualité de l'enseignement » et estimé qu'une telle instance doit être «permanente» et composée «d'experts en éducation et en didactique». L'APS, ce service public, précise en outre que « le président de l'AOMA, a estimé que la «crise vécue par l'école algérienne est due à plusieurs facteurs, dont l'exclusion de la dimension ‘authenticité' du système scolaire et la restriction des missions de l'école à l'enseignement au détriment de l'éducation ». Cette information qui a été reprise par des titres de la presse nationale sous le titre « En Algérie, l'école enseigne mais n'éduque pas » nécessite, là aussi, quelques développements et interrogations, aussi succincts soient-ils. Nous nous interrogeons tout d'abord sur les compétences d'une telle association en matière de pédagogie, de didactique pour pouvoir « dresser un état des lieux et des perspectives concernant le système éducatif ». Sachant que cette association organise des séminaires dans moult domaines, nous nous demandons si les éléments qui la composent sont des experts dans les divers et multiples thèmes traités. Dans ce sens, les participants au colloque de Batna, n'ont pas du tout tort puisqu' ils estiment nécessaire la création d'une instance composée d'experts en la matière. Nous pouvons signaler à cet effet, les recommandations qui ont été faites par diverses commissions, dont celle dite Benzaghou, un aréopage composé de 170 membres spécialistes issus du secteur et dont le rapport qui date d'une dizaine d'années, n'a pas été encore rendu public et qu'au moins un syndicat « regrette sa non-prise en considération » par les pouvoirs publics. Par ailleurs, que signifie l'authenticité du système scolaire ? Quel sens donner à un tel concept quand on compare notre système éducatif à celui de pays émergents ou développés ? Ainsi, il s'agit plutôt de reconnaître que cette authenticité est présente, réelle et incluse, dans la mesure où, l'école algérienne actuellement, et contrairement aux premières décennies post-indépendance,  a touché le fond parce qu'on veut effectivement idéologiser l'école, au moyen d'actions partisanes. Et c'est ainsi qu'au lieu de former elle (l'école) ne fait que déformer.

                  Certes, notre école ne participe pas pleinement à l'éducation de nos enfants. Mais elle n'enseigne pas non plus. Elle n'enseigne pas car les déperditions sont importantes. Elle n'enseigne pas car les diplômés sont mal formés et se retrouvent au chômage pour beaucoup d'entre eux. Et si notre école forme, elle forme alors au formatage, au dressage qui n'a rien à voir avec l'éducation, à l'irrationnel, à la glorification, à la servitude, au conservatisme. Au rabais. Notre école ne forme pas des citoyens qui maîtrisent le savoir scientifique. Notre école ne forme pas au rationalisme, à l'esprit d'analyse et de synthèse, à l'esprit critique, à la créativité, à l'humanisme, à l'universalisme, à la tolérance, au savoir-faire, ces valeurs qui permettent à une nation de se redresser, de s'élever, d'avancer, de s'imposer. Et nous sommes une nation comme une autre, des bipèdes avant tout. Quant à l'éducation, il faudrait savoir que celle-ci concerne aussi bien l’école que la famille et l’environnement.

 

                    Pour conclure, il s'agit de savoir que le temps presse, qu'entre temps les nations progressent, et que notre système éducatif régresse en faisant dans le rapiéçage. Nous patinons, donc nous n'avançons pas. Donc nous reculons. Il est donc urgent d'organiser un large débat national, un vrai, avec la participation de tous les concernés, pour une poursuite des réformes, même si l'aspect technique et pédagogique relève de compétences avérées ; un débat auquel il ne faudrait pas exclure les premiers concernés que sont les enfants. Car, tout compte fait, ce sont eux le centre de gravité de l'école. Ce sont ces enfants que nous n'écoutons que rarement ou pas du tout ; ces enfants qui nous le rendent si bien puisqu'ils rejettent majoritairement ce système éducatif en s'exprimant à leur manière (retards, indiscipline, insolence, violence, démotivation totale…).Quand on sait que dans des pays, les enfants ont été reçus et écoutés dans des assemblées nationales et des Sénats. Pour revenir aux déclarations ministérielles, il s'agit d'être clair, de mieux cerner et expliquer ces valeurs évoquées plus haut, pour défendre un projet qui nécessite une volonté, une mobilisation et une adhésion. Car on ne pourra jamais ménager la chèvre et le chou. A force de nager entre deux eaux, c'est notre école qui ira à vau-l'eau, …nos enfants et le pays avec.

            Rachid Brahmi

 

 

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On assassine les pédagogues...

le-pedagogue-assassine.jpg                                                                                On assassine les pédagogues…

 

          Le 15 mars 1962, quatre jours avant le cessez-le-feu issu des accords d’Evian (18 mars 1962), 6 responsables des Centres Sociaux Educatifs sont assassinés par l’OAS. Ils remplissaient leur mission éducative : organiser l’enseignement de base en arabe et en français ainsi que la formation professionnelle des jeunes algériens. Ces 6 dirigeants, réunis au Centre Social de Château Royal, dans la commune d’El-Biar, près d’Alger, avaient pour noms : Max Marchand (ancien instituteur, inspecteur d’académie, chef de service au CSE), Mouloud Feraoun (instituteur, écrivain reconnu, directeur adjoint au chef de service des CSE), Marcel Basset (directeur d’un centre de formation), Robert Eymard (instituteur, chef du bureau pédagogique), Ali Hammoutène (inspecteur de l’éducation nationale, directeur adjoint aux CSE) et Salah Ould Aoudia (ancien instituteur et inspecteur des centres sociaux éducatifs).

 

             L’UNSA Education rend hommage à ces militants pédagogues et syndicalistes, épris de liberté et de justice. Elle rappelle qu’à côté de l’Association « Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons », elle a permis qu’au ministère de l’éducation nationale, une salle porte les noms de ces militants.

 

               Resté impuni, le crime d’El-Biar est l’une des pages les plus tragiques de la guerre d’Algérie.

 

             A quelques jours du triste anniversaire du 15 mars, je soumets ce texte d’une valeur incontestable, que m’a fait parvenir notre amie Marie-Line que je remercie, aux commentaires des amis de pedagotec et à ses visiteurs.

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Les phares en Algérie, leur implantation et leur histoire

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           Les phares en Algérie, leur implantation et leur histoire

Toujours aussi altruiste, notre ami Lotfi nous invite, dans le cadre de sa recherche documentaire  profitable, comme à l'accoutumée, à découvrir les phares d'Algérie, leur implantation et leur histoire. Nous l'en remercions infiniment.

 



          Certains phares algériens datent de plus d'un siècle et demi - Cap Caxine, d'un monument... jaillit la lumière

           Pour les non-initiés, il serait très difficile de comprendre comment les bateaux arrivent à se repérer, à l'approche de la côte, la nuit, sans se percuter ou se tromper de point d'accostage.

         

          Si aujourd’hui, dans certains pays, il y a des systèmes de guidage par satellite qui peuvent guider les bateaux au millimètre près, rien ne pourra, pour autant, remplacer les phares, qui sont les indicateurs principaux pour les commandants de bord, dès qu'ils s'approchent des côtes.

           En Algérie, ils sont 25 phares, le long des 1 200 kilomètres de côte, à guider les marins. De véritables monuments historiques érigés sur le littoral algérien. Datant de près d'un siècle et demi pour certains, ils ont pu «résister» aux aléas de la nature. Le premier qui a été construit en Algérie est celui de Ténès, dans la wilaya de Chlef. Il a été inauguré en 1861. Quelques années plus tard, plusieurs autres ont été bâtis, à l'image de celui de cap Caxine, près de Baïnem, (Alger) en 1868, cap Aiguille (1865) et Falcon, près d'Oran (1868), pour ne citer que ceux-là. En somme, c'est l'ouest et le centre du pays qui ont été les premiers à être dotés de phares. Pour l'est du pays, il aura fallu attendre le début du XXe siècle pour voir des phares apparaître sur sa côte.

          Ainsi, il y a eu, à titre d'exemple, le cap Ras Afia, à Jijel (1907) ou bien ceux de l'île Srigina (1906) et Bougaroun (1911), à Skikda. Le dernier en date est celui appelé cap Colombi, situé dans la localité d'El Marsa (Chlef). Il a été bâti en 1954. Si depuis aucun autre phare n'a été construit, c'est parce que ceux existants couvraient déjà tout le littoral algérien. Bien évidemment, si ces «monuments» sont toujours aussi impressionnants et toujours en état, c'est, entre autres, en raison d'un entretien périodique dont ils bénéficient de la part de ceux qui sont chargés de veiller sur eux. Actuellement, c'est l'Office algérien de la signalisation maritime (ONSM), dépendant du ministère des Travaux publics, qui prend en charge la gestion de ces phares.

           Au-delà de leur importance et de leur utilité, en ce qui est de guider les bateaux la nuit, les phares algériens, comme signalé plus haut, sont de véritables monuments historiques, en raison de leur âge et de leur spécificité architecturale. Il n'y a qu'à voir le petit musée, créé depuis quelques années, au niveau du phare de cap Caxine, à Baïnem, à une dizaine de kilomètres de l'ouest d'Alger, pour s'en rendre compte. D'anciennes torches ou lampes se frottent à certains éléments mécaniques ayants composé ces phares durant leurs premières années.

           Des objets d'une valeur inestimable sont exposés au niveau de ce musée d'une trentaine de mètres carrés ou un peu moins. On y trouve, entre autres,

           la première lampe, d'une puissance de 6 000 watts, qui a été utilisée après l'électrification du phare durant les années soixante. Il y a également ce qui est appelé un réservoir à pétrole et à air comprimé qui a été utilisé à la fin du XIXe siècle. «Quand il a été décidé d'ouvrir ce musée, on avait récupéré différents objets laissés de côté au niveau de plusieurs phares. Des spécialistes les ont retapés avant qu'on les expose dans ce musée», nous dira Hamid Chaalal, le directeur du phare de cap Caxine.

         Pour lui, l'idéal serait de bâtir ou d'aménager d'autres locaux, plus vaste, pour le musée. Il y a tellement de chose à montrer aux citoyens curieux de connaître tout cet héritage. Le cap Caxine, qui est un phare d'atterrissage, nous précise-t-il, ce qui veut dire qu'il se trouve à côté d'un port -il y a également les phares de jalonnement qui ont pour mission d'indiquer, seulement, à un navigateur, qu'il est proche des côtes- est très bien entretenu. Déjà, ceux qui prennent la route qui mène d'Alger à Aïn Benian ou Staouéli, peuvent constater ce fait en jetant un coup d'Å"il à l'entrée du phare si jamais sa clôture était ouverte. L'allée menant du portail jusqu'au phare est jonchée, sur les côtés, de jardins qui ornent l'enceinte.

         En plus du phare, haut de près de 37,4 mètres à partir du niveau du sol (68,4 mètres à partir du niveau de la mer), il y a également deux autres bâtisses, l'une servant d'appartements aux fonctionnaires et l'autre regroupant les bureaux et la centrale de commande du phare. C'est à partir de cette dernière que le phare s'allume, à la tombée de la nuit, et s'éteint au petit matin.

          Bien évidemment, aujourd'hui, les employés n'ont plus besoin de monter en haut du phare pour « allumer la mèche », comme ce fut le cas dans un passé lointain, quoique le «long voyage» jusqu'au sommet du phare soit toujours indispensable et ceux qui sont chargés de veiller sur son bon fonctionnement sont obligés de monter et de descendre plusieurs fois par jour pour s'assurer que tout va pour le mieux. D'ailleurs, en arrivant au sommet de la tour, après avoir emprunté quelques centaines de marches de l'escalier circulaire, Hamid Chaalal nous a fait savoir qu'un rideau est hissé durant le jour afin de protéger l'optique du phare, qui amplifie la lumière de la lampe, des rayons de soleil qui peuvent «griller» le mécanisme (les rayons du soleil peuvent provoquer l'effet inverse et au lieu que les optiques amplifient la lumière de la lampe de l'intérieur vers l'extérieur, elles le font avec les rayons du soleil dans l'autre sens, risquant ainsi de causer des dégâts à la lampe et au mécanisme de fonctionnement).

           Ces employés sont donc obligés, chaque jour, de hisser ce rideau, quand le phare est éteint, et de l'enlever, à son allumage. Dans cette salle de commande, il y a également des groupes électrogènes pour parer à une quelconque panne électrique.

           Cela, sachant pertinemment que la lampe du phare et l'optique en rotation peuvent fonctionner avec une simple batterie.

Pour dire que tout est fait afin que la lumière émise durant la nuit ne s'éteigne jamais.

            A ce propos, il y a lieu de signaler que le tableau de commande du phare a été refait au début des années quatre-vingt-dix. Cela ne veut pas dire que le précédent, qui remonte à la date de l'électrification du phare durant les années soixante, n'était plus fonctionnel, mais c'était par précaution.

           En tout état de cause, il est utile de relever que l'ancien matériel est d'une «résistance» et d'une «solidité» inouïes. Hamid Chaalal nous a informé que le support en rotation accueille les optiques qui amplifiant la lumière de la lampe, et qui est posé sur une «cuve à mercure» pour faciliter la rotation, date de l'inauguration du phare, c'est-à-dire de 1868.

         En d'autres termes, un siècle et demi après, le système fonctionne toujours sans le moindre problème. Un matériel qui ne peut exister aujourd'hui. D'ailleurs, pour ce responsable du site, si jamais une panne venait à être enregistrée au niveau de ce support, il est fort à parier qu'il serait indispensable de refaire tout le système en optant pour des mécanismes beaucoup plus récents.

         Les pièces de rechange pour cet ancien matériel ne pourraient être disponibles. En tout cas, pour l'instant on n'en est pas encore là, puisque le Cap Caxine ne présente aucun signe de «vieillissement», malgré son âge très avancé. C'est tout cela qui fait que ce phare provoque l'admiration chez ses visiteurs. Il donne l'air de se fortifier de plus en plus au fil des ans. Tout indique qu'il tiendra encore pendant un bon bout de temps. Le Cap Caxine continuera à orienter les navigateurs pendant des années encore...

           Chaque phare peut être identifié par la couleur de sa lumière et la vitesse de sa rotation

Comme signalé plus haut, le Cap Caxine est un phare d'atterrissage. Ce qui voudrait dire qu'il est situé juste à côté d'un port. Dans ce cas-là précisément, il s'agit du port d'Alger, qui se trouve à environ dix kilomètres plus loin. Il y a d'autres sortes de phares, quoiqu'ils soient conçus de la même manière.

            Ceux-là s'appellent des phares de jalonnement. Ils indiquent, pour les navigateurs, qu'ils sont près d'une côte. Sans utiliser le moindre moyen de communication, de transmission ou d'indication, les commandants de bord peuvent facilement s'orienter, sur le plan géographique, en s'approchant du littoral. En effet, chacun d'eux dispose d'un registre qui contient des éléments essentiels sur les phares. Des détails qui différencient les uns des autres. Comme nous l'a expliqué Hamid Chaalal, chaque phare a ses propres caractéristiques, principalement en ce qui est de la lumière et de la vitesse de rotation. Le Cap Caxine, par exemple, dispose d'une lumière blanche -il y a également des phares qui font jaillir une lumière jaunâtre- avec un rythme de rotation d'un éclat toutes les cinq secondes. C'est ces deux détails qui font qu'un navigateur s'oriente sans risque de se «perdre». Et dans son registre, il y a ces indications pour chaque phare.

              Donc, dès qu'il l'aperçoit, en consultant son registre, il saura de quel phare il s'agit.

Des registres de visiteurs qui datent de 1868 !

             Les employés qui se sont succédé à ce phare -c'est le cas probablement pour tous les autres phares également- ont le sens de la préservation de tout ce qui est ancien. Pour preuve, les registres des visiteurs -tout visiteur est censé laisser un mot en plus de son nom et de la date à laquelle il a effectué la visite- sont toujours archivés au niveau du site depuis son inauguration en 1868. Les premiers étaient, bien évidemment, tous français, souvent des militaires, puisqu'on y trouve toujours un grade à côté du nom inscrit. Ce premier registre est toujours en bon état. L'écriture est assez lisible. Au vu du nombre de personnes inscrites sur ces registres, notamment le dernier en date, celui sur lequel, d'ailleurs, le responsable du Cap Caxine nous a demandé d'inscrire nos noms et la date de visite, il faut dire que beaucoup d'Algériens se sont «promenés» à l'intérieur du phare. Pour dire que les employés n'ont pas lésiné sur les moyens ou les efforts afin de conserver tout cet héritage.

Les phares d'Algérie

1 - Cap Falcon (Aïn Turck, Oran) 1868

2 - Cap de l'Aiguille (Oran) 1865

3 - Cap IVI (Mostaganem) 1898

4 - Cap Colombi (El Marsa, Chlef) 1954

5 - Cap Ténès (Chlef) 1861

6 - Cap Cherchel (Tipasa) 1881

7 - Cap Tipasa (Tipasa): 1867

8 - Cap Caxine (Hammamet, Alger) 1868

9 - Cap Matifou (Bordj El Bahri, Alger)

10 - Cap de la jetée Wattier (Port d'Alger)

11 - Cap Bengut (Dellys, Boumerdès) 1881

12 - Cap Corbelin (Azeffoun, Tizi Ouzou) 1905

13 - Cap Sigli (Béjaïa) 1905

14 - Cap Carbon (Béjaïa) 1906

15 - Phare de Ras Afia (Jijel) 1907

16 - Cap Bougaroun (Chréa, Skikda) 1911

17 - Phare de l'île Srigina (Skikda) 1906

18 - Cap de Fer (El Marsa, Skikda) 1907

19 - Cap de Takouch (Chetaïbi, Skikda)

20 - Cap de Garde (Annaba) 1908

21 - Phare de l'île Habibas (Aïn Témouchent) 1878

22 - Phare de l'île Rashgoun (Aïn Témouchent) 1870

23 - Cap Rosa (Mrabtia, Taref) 1906

24 - Phare de l'île d'Arzew (Oran) 1865

25 - Phare de Ghazaouet (Ghazaouet Tlemcen) 1868

 

                                 (La Tribune,  Abdelghani AICHOUN)

 


 

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Patrimoine culturel en voie de disparition

clip-image001-1.jpgMon ami Mohamed HABBA que je félicite pour ses écrits pertinents dans son blog "Ouled-Djellal 2009" m'a fait parvenir cet S.O.S, attirant l'attention sur un patrimoine culturel en voie de disparition. Conscient comme lui que si toutes les bonnes volontés s'unissent dans un cercle vertueux, notre belle ville que nous aimons tous peut retrouver son charme d'antan et faire non seulement le bonheur de ses enfants, mais aussi celui de tous les amoureux de l'art et de l'histoire...

 

Patrimoine culturel en danger

     

Le patrimoine culturel d'Ouled-Djellal est la propriété de toute la population. Ce patrimoine est en danger et personne ne bouge. Il faut reconnaître que des initiatives individuelles ont été entreprises mais ont été avortées.

     A présent, il est du devoir des responsables,  des spécialistes en la matière, des amateurs de prendre une décision et de faire des recherches étudiées et méthodiques.
  S'organiser et faire un travail bénéfique nécessitent des efforts énormes, mais la bonne intention prime dans des circonstances pareilles.
 Ouled-Djellal compte des dizaines d'associations et on ne peut pas ignorer les activités même rares de ses associations, mais aucune n'a réussi à préserver ou à défendre le patrimoine culturel d'Ouled-Djellal.
Beaucoup de gens à Ouled-Djellal ignorent que le patrimoine de toute la région est très varié et des  plus riches. En effet, la ville a connu des époques pleines d'activités bien avant la colonisation par l'armée française. Les sites qu'on peut admirer prouvent que toute la région mérite un peu plus d'intérêt.

        Les vieilles mosquées, le célèbre minaret, la villa Clerjeau à El Issel, le pont d'El Issel, l'ancienne église, la vieille ville, le reste des ruines Romaines à El Baourada, la vieille prison, les Nadis d'Erahba, El Hasnia et sa mahqama, ce qui reste des arcades de la grande place Errahba, l'Arc de la Rahba Echarguia et autres...


          Les sites combien importants qu'on peut visiter à Sidi Khaled et dans toute la région sont très intéressants: La mosquée de Khaled Ibnou Sinan, les gravures rupestres dans la grotte de Oued Ettal, le fort de Doucen et d'autres merveilles ne doivent pas être délaissés.

        Les civilisations qui sont passées dans la région ont laissé beaucoup de traces qu'il faut valoriser, et ceci ne sera possible que par des actions planifiées et aux objectifs bien définis.

 

        Si vous avez des commentaires ou des suggestions à faire, n'hésitez pas à les envoyer. Ce sera un bon soutien pour ce blog.

 mohamedhabba6@gmail.com

  

 

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Les trois ennemis de la démocratie

les-trois-ennemis-de-la-democratie-1.jpgNotre ami Lotfi que nous remercions, nous propose ce soir, une réflexion sur la démocratie, à partir du point de vue de TODOROV.

 

 

 

 

 

Les trois ennemis de la démocratie, selon TODOROV

 

    Pour TODOROV, l’un des plus grands intellectuels  français contemporains, ce qui menace aujourd’hui la démocratie, ce ne sont pas ses ennemis extérieurs, quasiment inexistants, quoi qu’on veuille nous le faire croire, mais bien elle-même.

 

    Ces ennemis intimes, secrétés par la démocratie, sont au nombre de trois :

Le premier est l’excès d’assurance, la démesure de la démocratie qui se croit « porteuse d’un bien supérieur » et considère « dès lors, légitime de l’imposer par la force » : la prison d’Abou Ghraïb en Irak, ou celle de Guantanamo, le rappellent tristement.

 

    Le second est l’application malheureuse, au domaine économique, du principe de la liberté individuelle : la dérive libérale qui conduit à « la tyrannie du capitalisme, au détriment de la protection du peuple, par l’Etat ».

 

     Le troisième enfin, est le populisme, « l’envers pervers de la démocratie », paré des apparences de la légitimité démocratique. Faisant appel à l’émotion, au mépris de la raison, le populisme cherche, en effet, « une adhésion immédiate et totale des masses populaires », n’hésitant pas à avoir recours à la « manipulation médiatique, la plus outrancière ».

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